L’apnée du sommeil et le ronflement

L’apnée du sommeil et le ronflement sont très fréquents dans la population en général et font partie des troubles respiratoires du sommeil :

  • 1 adulte sur 4 ronfle régulièrement
  • 2 à 4 % de la population adulte souffre d’apnée du sommeil (1)

Les complications pour la santé :

  • Hypertension, angine, arythmie, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral
  • Diabète, résistance à l’insuline
  • Manque de concentration, irritabilité
  • Dépression, anxiété, cancer
  • Risque d’accident de la route ou au travail

L’apnée obstructive du sommeil

L’apnée obstructive du sommeil se définit par la répétition d’arrêts respiratoires complets (apnées) ou partiels (hypopnées). Elle est une forme sévère du ronflement qui évolue avec la prise de poids et le relâchement des tissus causé par le vieillissement.

Une apnée représente un arrêt de la respiration de dix secondes ou plus durant le sommeil. Cet arrêt est suivi d’un réveil qui restaure le tonus musculaire perdu et permet à l’air de passer de nouveau dans les voies respiratoires. Un patient apnéique peut avoir une centaine de tels arrêts dans une nuit bien qu’il ne s’en rend pas compte.

Patient souffrant d'apnée du sommeil

Patient souffrant d’apnée du sommeil

Patient sain

Patient sain

Le ronflement

Le ronflement survient lorsque les tissus souples (luette, voile du palais, base de la langue, amygdales) se mettent à vibrer sous l’accélération du passage de l’air. Cette accélération se produit pendant une obstruction partielle ou à la reprise de la respiration suite à l’obstruction complète des voies aériennes supérieures.
En termes de bruit, les recherches indiquent qu’un ronfleur peut produire des sons allant jusqu’à 69 décibels. Quand on sait qu’un marteau-piqueur produit des sons allant de 70 à 90 décibels, il n’est pas étonnant que les conjoints de ronfleurs dorment en moyenne une heure de moins par nuit que les conjoints de non-ronfleurs.

Fait intéressant, la revue Sleep a publié en 2008 une étude qui nous apprend que chez les ronfleurs graves, les risques sont accrus de 40 % de souffrir d’hypertension, de 34 % de faire une crise cardiaque et de 67 % d’avoir un accident vasculaire cérébral par rapport aux gens qui ne ronflent pas. Ces résultats suggèrent au clinicien de tenir compte du ronflement beaucoup plus sérieusement(2).

(1) Young, Peppard et coll. Epidemiology of Sleep Apnea American Journal of Respiratory and Critical Care 2002
(2) Article paru dans L'actualité Médicale, Vol. 9 Nº 22, édition du 4 novembre 2009